Avis | La démocratie guatémaltèque est morte. Vive la démocratie !

New York Times - 03/09
Un candidat anti-corruption que personne ne s’attend à gagner l’emporte avec une écrasante majorité.

Lors de ma visite au Guatemala en mai 2022, le sentiment de désespoir était palpable. Le gouvernement du président Alejandro Giammattei avait déclenché une féroce persécution contre les responsables de la justice anti-corruption. En février de cette année-là, Virginia Laparra, procureure du Bureau du Procureur spécial contre l’impunité, avait été arrêtée avec quatre autres avocats anti-corruption ; ils ont tous été placés dans la même cellule, à la prison militaire Mariscal Zavala, à Guatemala City.

En 2017, Mme Laparra avait déposé une plainte administrative contre Lesther Castellanos, un juge qu'elle soupçonnait d'avoir divulgué des détails d'une affaire de corruption scellée à un collègue. Or, M. Castellanos avait porté plainte contre elle pour abus de pouvoir.

Au moment où je suis arrivé, tous, sauf Mme Laparra, avaient été libérés en attendant leur procès. Lors de notre conversation à la prison, elle a récité des arguments juridiques : « Article 208 : Les fonctionnaires qui ont connaissance d'actes répréhensibles sont tenus de porter plainte. » C’était une démonstration déchirante d’érudition. Elle n’était pas détenue parce que quiconque pensait sérieusement qu’elle avait commis un crime. Elle a été emprisonnée en représailles à ses efforts dans la lutte contre la corruption ; en décembre, elle a été condamnée à quatre ans de prison.

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Lilian Virginia Laparra Rivas, ancienne chef d'une branche locale du Bureau du Procureur spécial contre l'impunité du Guatemala, également connu sous le nom de F.E.C.I. en garde à vue l'année dernière.Crédit...Josue Decavele/Reuters, via Redux

Le mois dernier, les électeurs guatémaltèques ont brisé de manière inattendue l’emprise au pouvoir de l’élite corromp...
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